Création d'un site Web
Les dix erreurs à éviter sur votre site web
On aurait pu penser qu'avec le temps et l'expérience aidant, les créateurs de sites accorderaient davantage d'importance à la facilité d'utilisation. Si l'on en juge par les interfaces fantaisistes que l'on rencontre encore régulièrement sur le web, c'est loin d'être le cas.
Nombreux sont les sites qui succombent aux sirènes de la technologie et de l'effet de mode au détriment de l'expérience utilisateur.
Voici 10 erreurs à éviter sur votre site:
1. Le tout multimédia
Reconnaissons-le: de plus en plus d'internautes disposent des extensions (plug-ins) et logiciels requis pour consulter des sites web mixant sons, images et animations. La technologie Flash en particulier suscite un nombre croissant d'émules.
Mais la consultation d'un site entièrement basé sur ces technologies multimédia nécessite un serveur rapide et des débits élevés, faute de quoi l'utilisateur, trop impatient, coupera court au téléchargement pour s'en aller voir ailleurs si l'affichage des pages n'est pas plus expéditif.
N'oubliez jamais que la première impression est capitale et qu'elle est formée en premier lieu par le délai d'attente, ensuite seulement par la qualité de l'interface utilisateur.
Par ailleurs, l'usage de Flash ou de technologies apparentées n'est pas sans risques en matière d'interface utilisateur. Comprenez-moi bien: Flash et facilité d'utilisation ne sont pas incompatibles. Mais, vu l'extrême richesse du langage Flash, les concepteurs tendent généralement à privilégier l'aspect graphique, tape-à-l'oeil, au détriment de la simplicité. C'est un fait.
Enfin, on l'oublie souvent lors du démarrage d'un projet, la construction d'un site web pleinement dynamique n'est pas sans conséquences au niveau du référencement. Si certains moteurs de recherche réussissent désormais à indexer des pages en php et asp -c'est le cas de Google notamment-, l'usage de Flash, de liens Javascript ou d'autres langages exotiques peut rendre un site totalement opaque aux yeux des moteurs. Ce qui en terme d'audience peut se révéler catastrophique...
2. Les sites déclinés en plusieurs versions
Conséquence logique de l'erreur précédente, certains webmestres s'acharnent à créer plusieurs versions d'un même site, optimisées selon la résolution graphique ou le type de connexion (lente, rapide) de l'utilisateur.
Le cas se présente également lorsqu'un webmestre, ayant créé une version pleinement multimédia, désire malgré tout rendre son site accessible à tous via une version plus rapide à charger.
Autant d'intentions qui paraissent louables mais qui ne sont pas sans influence sur le budget requis: l'existence de plusieurs versions d'un site augmente non seulement les frais de conception lors du démarrage du projet mais aussi le coût de la mise à jour des informations. De plus, cela rend les évolutions de la ligne graphique plus lourdes.
Si l'on souhaite réellement concevoir un site accessible au plus grand nombre, il est préférable d'adopter une interface utilisateur unique et commune à tous les internautes, quels que soient leurs types de connexions ou résolutions graphiques.
Cette solution minimise les coûts et le risque d'erreurs tout en maximisant l'accessibilité. Du reste, cela n'empêche pas d'utiliser de façon ponctuelle sur certaines parties d'un site des technologies plus évoluées pour présenter l'information.
3. Les volets (frames)
Oubliez les volets. Cette technique n'a pas d'avenir.
Premièrement, elle n'améliore en rien la qualité des interfaces, car, trop souvent, les webmestres recourent aux volets pour faire l'économie d'une véritable réflexion sur la navigation et la structure des informations.
Deuxièmement, les volets continuent -mais dans une moindre mesure qu'auparavant- à poser des problèmes de navigation et d'impression. Certains robots et logiciels, songeons p. ex. aux aspirateurs de sites, ne parviennent pas à traiter et sauver correctement les sites articulés autour de volets.
Troisièmement, le rejet des volets est quasi systématique sur les sites à forte audience.
Quatrièmement: il est rare que l'on ne puisse émuler les fonctions des volets via d'autres artifices qui, eux, ne présentent pas les inconvénients précédents.
Evitez également d'articuler la navigation autour de l'ouverture de fenêtres pop-ups (lorsqu'un clic sur un lien ouvre la rubrique dans une nouvelle fenêtre). Cela brise la simplicité de la navigation hypertexte. L'usage de pop-ups se justifie dans certains cas pour des opérations promotionnelles ou publicitaires, mais il s'agit là d'un usage bien spécifique et indépendant des fonctions de navigation habituelles d'un site.
4. Les images superflues et lentes à charger
Utilisez les images avec précaution. Elles influencent l'interface utilisateur mais aussi le temps de chargement.
N'encombrez pas votre site d'images qui ne sont là que "pour faire joli". Privilégiez:
- Les images qui font office de point de repère. Exemple: votre logo. Cela permet à l'internaute d'identifier le site sur lequel il se trouve. On le reproduit habituellement sur chaque page, en haut et à gauche.
- Les images qui sécurisent l'internaute. Si votre marque ou votre entreprise inspire la confiance, la présence de votre logo joue en outre un rôle sécurisant.
- Les images à caractère explicatif. C'est la catégorie la plus délicate car on a généralement tendance à surestimer la valeur explicative d'une image, en particulier d'une icône.
Si vous souhaitez mettre en valeur certains éléments graphiques, sachez qu'il est souvent possible de faire l'économie d'images et d'y substituer une couleur d'arrière-plan, par exemple une cellule colorée dans un tableau, afin de faire ressortir le contenu.
Dans tous les cas, essayez de réduire au maximum le poids des images en kilo-octets: diminuez le nombre de couleurs et/ou la taille.
Si vous proposez des images cliquables, tenez compte aussi du fait qu'à l'inverse des liens, il est impossible a priori pour l'internaute de savoir si elles sont interactives (la bordure bleue des images cliquables est souvent désactivée ou peu apparente), ni combien de zones cliquables elles contiennent.
Enfin, n'oubliez pas que d'après les études menées par l'équipe de Jared Spool aux Etats-Unis, les internautes préfèrent les images fixes aux animations.
5. Les logos des pseudo-partenaires
Autant votre logo doit absolument figurer sur votre site, autant il vous faut supprimer tout logo et bouton publicitaire non indispensables à la bonne marche de votre site.
Le cas classique: un bouton permettant de télécharger la dernière version d'Internet Explorer ou Netscape Navigator. Il est peu vraisemblable qu'un internaute s'amuse à télécharger ces logiciels -particulièrement volumineux, de surcroît- uniquement pour visiter votre site.
A moins d'avoir un contrat publicitaire en or avec Microsoft ou Netscape, vous pouvez donc sans regrets faire l'impasse sur ces boutons. Idem pour les logos d'autres pseudo-partenaires.
Trop de boutons et logos crée une impression de fourre-tout et dilue l'impact de votre message sur l'internaute.
6. Les liens cassés
Les liens cassés irritent les internautes. Vérifiez régulièrement les liens que vous placez sur vos pages.
Il n'y a rien de plus horripilant que de cliquer sur un lien pour aboutir au très classique message "File Not Found". Notez que cela concerne aussi bien les liens pointant vers des sites extérieurs que ceux référençant vos propres documents.
Bref, bien gérer les liens se révèle indispensable pour donner une image professionnelle d'un site.
7. Les pages tunnels
Il ne sert à rien de créer une page d'accueil composée uniquement d'un beau et grand logo centré sur l'écran et redirigeant quelques secondes plus tard vers la page d'accueil effective du site.
Cela fait perdre du temps à l'utilisateur. Plutôt dangereux car, sur Internet, il suffit d'un clic pour passer d'un site à un autre.
Il est un cas de figure qui semble prédisposer à l'utilisation de pages tunnels: lorsqu'un site existe en plusieurs versions linguistiques. La tentation est grande à ce moment-là de créer une page d'accueil permettant à l'internaute de sélectionner la langue qu'il préfère.
Même dans ce cas, je ne recommande pas l'usage d'une page tunnel. Il est préférable de proposer par défaut la page d'accueil de la version linguistique la plus fréquentée du site et par ailleurs d'indiquer clairement l'existence d'autres versions linguistiques.
On peut également utiliser un script afin de tenter de reconnaître la langue du navigateur du visiteur. Une technique intéressante lorsque deux versions linguistiques bénéficient d'une audience équivalente.
Autre possibilité: si les langues recoupent des zones géographiques différentes, enregistrer le nom de domaine dans chaque pays couvert et bénéficier ainsi d'adresses différentes correspondant chacune à une langue et une page d'accueil déterminée.
8. L'absence de soulignement des liens
On peut désormais facilement faire varier la couleur des liens voire supprimer leur soulignement. Oui, mais cela va à l'encontre de la perception d'une grande partie des internautes.
Au fil de leurs expériences, ceux-ci ont intégré l'égalité: mot souligné (en bleu) = terme cliquable. Ne pas exploiter cette égalité, c'est compliquer inutilement la navigation. N'oubliez pas que les internautes passent l'essentiel de leur temps sur d'autres sites et qu'il faut dès lors veiller à intégrer leur acquis cyberculturel.
Remarquez que c'est surtout l'attribut souligné qui renseigne le caractère cliquable, plus que la couleur du lien. Donc, si vous souhaitez vous écarter du standard historique, faites plutôt varier la couleur des liens mais conservez leur soulignement.
9. L'absence de validation du code html
Je vous conseille de vérifier systématiquement la validité de votre code html lors de toute modification importante de l'interface. Ceci s'applique aussi, bien sûr, aux pages conçues en php, asp, etc.
Attention, un code html correct ne garantit en aucune façon la qualité de l'interface utilisateur. Mais si vous ne validez pas votre code et si celui-ci comporte des erreurs (ce qui est quasiment toujours le cas au démarrage), votre site risque d'être inutilisable pour certains internautes.
Il importe de valider toutes les pages y compris les feuilles de style (Cascading Stylesheet) éventuelles.
10. Le manque de clarté du titre
Le souci du confort de l'utilisateur ne doit pas s'arrêter à votre site. Il faut aussi soigner l'apparence de votre site sur d'autres sites et parmi les favoris ou signets.
Cette apparence sera conditionnée entre autres par le titre figurant entre les balises <title>...</title> de vos pages. Ce titre apparaît notamment dans la zone bleue des fenêtres sous Windows.
Combien de pages web n'ont-elles pas comme titre: Bienvenue ou Welcome ? C'est toujours agréable de se l'entendre dire mais côté efficacité, c'est un zéro pointé. Pour trois raisons:
Lorsqu'on enregistre une page web comme signet ou favori, c'est, par défaut, le contenu des balises <title>...</title> qui sert d'intitulé. Comment se rappeler le thème d'un site si la seule information affichée dans la liste des favoris est "Bienvenue"?
La plupart des outils de recherche accordent une importance prépondérante aux termes figurant dans le titre d'une page: ils ont plus de poids que les mots figurant dans le corps du document.
Lors de l'affichage des résultats d'une requête dans un moteur de recherche, ce sont souvent les titres de page qui servent d'intitulés.
Autant de raisons pour être très explicite. Par exemple, mieux vaut opter pour le titre "Videotronic : magnétoscopes et chaînes hi-fi neufs et d'occasion" plutôt que "Bienvenue chez Videotronic".
Le test minute:
Dans le doute, retenez que l'originalité ne paie pas toujours sur Internet. Au contraire, en matière d'interface, il vaut mieux s'en tenir aux standards les plus éprouvés.
C'est pourquoi, avant d'implémenter une nouvelle technologie, un code javascript révolutionnaire ou un artifice graphique, baladez-vous sur les 10 sites les plus populaires du web. Si aucun d'entre eux n'exploite cette technologie, méfiez-vous ! C'est généralement un signe qui ne trompe pas.